Top films

Il est temps pour les rédacteurs de choc de ClapMovies de faire le bilan et de  dévoiler chacun leurs dix favoris. Pas toujours d’accord sur certains films, nous nous retrouvons néanmoins tous sur le fait que cette année a été particulièrement exceptionnelle. Retour sur nos films.

Notre premier top de films de cinémas

À l’exception d’une poignée de comédies (un grand merci à Dupontel, Galienne et Polanski), le cinéma français nous aura offert peu de grands films et beaucoup de véritables catastrophes ; et ce n’est pas le vilain Angélique, sorti il y a deux semaines, qui dira le contraire. On retiendra de 2013 (la voix de) Benedict Cumberbatch qui nous a offert deux des meilleurs méchants de l’année avec Khan et surtout Smaug, ce splendide dragon qui donne bien des sueurs froides à Bilbo dans La Désolation de Smaug. Pour rester chez les messieurs, on s’incline devant la performance démente de Leonardo DiCaprio en Loup de Wall Street, mais Oscar Isaac est pas mal non plus en chanteur de folk chez les Coen. Du côté des performances féminines, on retiendra bien sûr Sandra Bullock dans Gravity, mais aussi la sublime Robin Wright dans Le Congrès d’Ari Folman, et surtout, la divine Cate Blanchett qui illumine de son talent le mitigé Blue Jasmine de Woody Allen. Déception globale du côté de la SF qui, alors qu’elle avait plusieurs poulains prometteurs en écurie, n’a convaincu qu’avec la moitié : OblivionStar Trek Into Darkness, Elysium, After Earth. Si les trois quarts de ces films ne sont pas honteux, ils restent frustrants car ils ne font qu’effleurer leur potentiel et pêchent par leurs scénarios décevants, manichéens et prévisibles. En revanche, en matière de badasserie, on fait coucou à Pacific Rim et à sa scène de bataille à Hong-Kong un qui devrait plaire aux passionnés de jeux vidéos .

1# Cloud Atlas de Tom Tykwer, Andy et Lana Wachowski (Notre Critique)
Pari insensé mais réussi pour les Wachowski et Tom Twyker d’adapter l’inadaptable roman de David Mitchell.

2# Gravity d’Alfonso Cuarón (Notre Critique)
Une véritable révolution cinématographique qui n’oublie cependant pas de nous émouvoir.

3# Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese (Notre Critique)
Quand Marty revient aux affaires, c’est pour nous livrer une leçon magistrale de cinéma de 3 heures. L’Oscar pour Leo, vite !

4# Le Monde de Charlie de Stephen Chbosky
Un teen-movie bouleversant et qui sonne juste.

5# La Reine des neiges de Chris Buck et Jennifer Lee
Un film Disney, comme on n’en avait pas vu depuis très longtemps, cela est très rare !

6# Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Coen (Notre Critique)
Une plongée mélancolique dans le milieu de la folk qui se paye le luxe d’avoir la meilleure BO de l’année.

7# Django Unchained de Quentin Tarantino
Jubilatoire de bout en bout, Tarantino se régale et le public aussi !

8# The Place Beyond the Pines de Derek Cianfrance (Notre Critique)
On passera sur le manque de subtilité de Derek Cianfrance pour n’en retenir que l’essentiel : un récit puissant porté par des acteurs en état de grâce.

9# Snowpiercer de Bong Joon-ho (Notre Critique)
C’est avec Gravity le meilleur film de SF de l’année.

10# Mud de Jeff Nichols (Notre Critique)
Jeff Nichols confirme s’il y en avait besoin qu’il est l’un des réalisateurs américains les plus prometteurs.

Mentions spéciales :

Only God Forgives de Nicolas Winding Refn (Notre Critique)
Plongée cauchemardesque dans un Bangkok violent. Nicolas Winding Refn n’aurait pas pu faire un meilleur doigt d’honneur aux gens qui attendaient un Drive 2.

Before Midnight de Richard Linklater
Julie Delpy et Ethan Hawke nous prouvent une fois de plus qu’ils incarnent l’un des meilleurs couples vus au cinéma.

Rush de Ron Howard (Notre Critique)
Ron Howard arrive en un film à faire oublier tout ce qui s’est fait en films de F1 depuis bien longtemps, à faire percer le talent de Chris Hemsworth et à offrir à Daniel Brühl le plus grand rôle de sa carrière. On lui tire notre chapeau (ou plutôt notre casquette).

TOP 10 de  l’année de la science-fiction,

Annoncée comme l’année de la science-fiction, 2013 fut à plus d’un titre à la hauteur de sa réputation (et ce malgré quelques amères déceptions comme Elysium). OblivionPacific RimGravitySnowpiercerCloud Atlas et bien d’autres font partie de ces expériences qui nous auront marquées cette année. Pour autant, de nombreuses autres œuvres nous ont émues et passionnées, tous genres confondus. Rythmée par un nombre incalculables d’œuvres de piètre qualité (Die Hard 5, GatsbyG.I Joe 2, etc.), de séries B sans ambition (Mama, etc.) et de grosses déceptions (Oz, etc.), 2013 était animée par un état d’esprit très japonais, un œil vers le passée et un œil vers le futur, avec les magnifiques ressorties d’œuvres cultes comme La Porte du paradis, Weekend of Champion, ou encore de Runaway Train, mais également la sortie de grands films qui affirment avec panache leur modernité comme GravityLa Désolation de Smaug ou encore Prisoners. Nous avons remarqué qu’il est de coutume depuis quelques années de dire que « le cru de cette année n’était pas très bon ». Et pourtant, c’est fièrement qu’en cette fin 2013 nous revendiquons notre amour pour cette année et pour tous les grands moments de cinéma que nous y avons passés !

1# Cloud Atlas de Tom Tykwer, Andy et Lana Wachowski
Pour sa symphonie visuelle narrative, mais aussi émotionnelle, d’une beauté et d’une simplicité ravageuse !

2# Le Hobbit : La Désolation de Smaug de Peter Jackson (Notre Critique)
Un mélange entre Indiana Jones et le Temple Maudit et Une Journée en Enfer avec des Nains des Orcs, des Elfes et un dragon ! Avec Peter Jackson la magie du cinéma n’aura jamais été aussi palpable.

3# Evil Dead de Fede Alvarez
Devant la caméra de Fede Alvarez, chaque plan aussi gore soit-il est repensé comme un sommet de poésie macabre, littéralement transcendé par la somptueuse direction photo et un score incroyablement malsain, qui finissent d’en faire plus qu’un simple remake, mais un sommet de l’horreur moderne.

4# Mud de Jeff Nichols
Quel que soit la naïveté de son propos, Mud est un film d’une beauté renversante. Simple mais jamais simpliste, le récit est d’une grande subtilité et transporte le spectateur sur les traces de Mark Twain, John Ford et bien d’autres grands conteurs américains, là où les mythes prennent vie et où les enfants deviennent des hommes.

5# Only God Forgives de Nicolas Winding Refn / Trance de Danny Boyle (Notre Critique)
Deux véritables films de réalisateurs aux côtés duquel Stoker de Park Chan-wook aurait eu sa place. Deux thrillers sans concessions à la forme originale. Sulfureux, hypnotiques et surtout traumatiques, les films de Boyle et de Refn sont des expériences passionnantes dont on ne revient pas indemne !

6# Pacific Rim de Guillermo del Toro (Notre Critique)
Parce que del Toro a réussi avec Pacific Rim un véritable tour de force, celui de nous proposer une expérience cinématographique sans égale, un blockbuster généreux et profond à vous en décoller la mâchoire.

7# The Conjuring, les dossiers Warren de James Wan (Notre Critique)
Une mise en scène virtuose et des séquences absolument tétanisantes, voilà ce qui fait la réussite artistique de James Wan. Sans jamais être racoleur et de façon un peu plus traditionnelle, avec The Conjuring le réalisateur livre une œuvre dérangeante et efficace qui parvient même, au cours d’une très belles séquences, à saisir l’essence même de la peur !

8# Prisoners de Denis Villeneuve (Notre Critique)
Vendu comme l’œuvre la plus jusqu’auboutiste depuis le Mystic River d’Eastwood ou le Seven de Fincher, Prisoners est à la hauteur de sa réputation puisque tout au long de ses 150 minutes, il nous émeut, nous passionne et nous terrorise avec sa vision presque post-apocalyptique de notre société contemporaine. Qui a dit que l’on avait besoin de fantastique pour mettre en scène l’horreur ?!

9# Gravity d’Alfonso Cuarón
Intelligent, beau à pleurer et immersif, Des expériences cinématographiques comme Gravity on n’en voit pas tous les jours.

10# Snowpiercer de Bong Joon-ho
Une œuvre post-apocalyptique vertigineuse, dont la virtuosité n’a d’égale que sa violence et son pessimisme, et qui se pose comme l’une des propositions de science-fiction les plus passionnantes de ces dernières années.

TOP 10 des films de l’année des auteurs.

S’il fallait qualifier en un mot l’année 2013, eh bien je dirais tout simplement qu’il s’agit de l’année des auteurs. Des auteurs de la modernité, même. Presque tous ont répondu présent, jeunes comme vieux, légendes comme talents qui se confirment. Déjà, rien que le fait d’avoir, dans une même année les nouvelles œuvres de Polanski, Spielberg, Scorsese, de Palma, Scott et Tavernier, ces tauliers du cinéma qui continuent à donner des leçons aux jeunots font de 2013 une année relativement importante. A ceux-ci viennent s’ajouter les auteurs que nous aimons bien, tant ceux du blockbuster (Sam Raimi, Alfonson Cuarón, Guillermo del Toro ou encore Peter Jackson) que les plus petits artisans (J.C. Chandor, Jeff Nichols ou les Coen). Même Michael Bay a décidé d’être un auteur indépendant, damn ! (et n’en boudons pas notre plaisir) 2013 aura vu des cinéastes mettre des projets déments sur pied et les porter à bouts de bras. Pensons notamment à Wong Kar-wai, Jean-Pierre Jeunet ou à Scorsese, qui a eu le culot de nous sortir 3 heures de leçon de cinéma sur fond de décadence de l’empire américain comme nous n’en avions presque plus vu depuis le Nouvel Hollywood. Outre quelques déceptions inévitables, principalement Star Trek : Into Darkness et La Désolation de Smaug dans une moindre mesure, 2013 est un très bon cru qui redonne espoir dans ce que la modernité peut délivrer. Après tout, j’ai autant pris mon pied devant deux jolies jeunes femmes qui s’embrassent que devant un grand robot qui punch un gros monstre. C’est beau le cinéma.

1# Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese

La furie cinématographique du plus italien des réalisateurs américains n’est pas prête de s’arrêter, Marty reste le taulier.

2# All is Lost de J.C. Chandor (Notre Critique)
À l’opposé de Margin CallAll is Lost propose le survival panthéiste le plus remarquable depuis Jeremiah Johnson.

3# La Vie d’Adèle : chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche
Il y a une démesure d’ambition dans cette fresque de vie(s) qui s’évertue à filmer, avec une rigueur cinématographique bluffante, un récit d’une beauté qui maintient notre confiance dans ce que le cinéma français peut produire actuellement.

4# Samsara de Ron Fricke
Fond et forme ont évolué depuis Koyaanisqatsi et Baraka, permettant à Samsara une actualité toujours remarquable et éventuellement le privilège de figurer parmi les plus beaux films impressionnés sur pellicule 70mm.

5# Mud de Jeff Nichols
Jeff Nichols dresse élégamment son film à la frontière entre Steven Spielberg et Terrence Malick pour un résultat détonnant de beauté, de dynamisme, et d’espérances cinématographiques.

6# Weekend of a Champion de Frank Simon et Roman Polanski (Notre Critique)
Certes un cas particulier, Weekend of a Champion demeure, par son nouveau montage et sa nouvelle séquence profondément importante, un film de 2013, un des meilleurs documentaires de l’année, pas tant sur le sport qu’est la Formule 1, mais tout simplement sur l’homme.

7# The Grandmaster de Wong Kar-wai (Notre Critique)
Wong Kar-wai signe sa fresque de la modernité chinoise sur la fin d’une ère, le début d’une autre. Rarement citer Ennio Morricone n’aura été aussi pertinent.

8# Cartel de Ridley Scott (Notre Critique)
So(m)bre et nihiliste, le nouveau film de Ridley Scott se fend d’une vision glauque et sans vie de l’humanité qui quelque part ne manque pas de faire écho à Blade Runner.

9# Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier (Notre Critique)
Bertrand Tavernier est un patron. Signant une adaptation loin d’être aisée, il prouve une fois de plus qu’il est un des réalisateurs français les plus inventifs qui soit.

10# La Vénus à la fourrure de Roman Polanski
Toujours fasciné par son propre côté obscur, Polanski joue comme personne avec le malsain, mettant en scène son propre écho des années 70 face à sa sulfureuse femme dans une descente aux Enfers qui ne laisse pas indifférent.

Mentions spéciales :

Seduced and Abandoned de James Toback et Alec Baldwin
Constat désespérant mais fascinant sur la production cinématographique, leçon de cinéma par notamment Martin Scorsese, Bernardo Bertolucci, Roman Polanski et Francis Ford Coppola, on en retient presque que c’est un plaisir de régler ses comptes avec Hollywood.

Jodorowsky’s Dune de Frank Pavich (Notre Critique)
Si le sujet est certes en or, il fallait tout de même un réel talent de metteur en scène pour faire vivre l’ambition folle/démesurée/surréaliste (rayer les mentions inutiles) du réalisateur franco-chilien, convoitant ni plus ni moins de signer le plus grand film de tous les temps, un « film-prophète ». Rien que ça.